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La fête est finie (pour cette année)
Elle a rassemblé
beaucoup de monde à travers toute la Martinique, l'affluence a
été naturellement proportionnelle d'un lieu à
l'autre, pour être à son point maximum sur le territoire
de la Ville de Fort-de-France, qui depuis plusieurs années
apporte aux carnavaliers et spectateurs un maximum de confort et de
sécurité. Le rituel collectif du
carnaval martiniquais rassemble même de manière subtile,
puisque indépendamment de ceux qui participent par amour de la
fête et/ou respect de la tradition, il y a une horde de
personnes comme des membres de groupes religieux opposés à
la pratique carnavalesque qui pourtant nous vendent bravement des
tas de choses et de services, grâce au carnaval. Nous constatons une fois
de plus que la psychose des troubles influence la population, mais
cette année encore, les acteurs du carnaval, les forces de
sécurité et les municipalités n'ont pas eu à
déplorer d'incidents importants dans la rue, le bilan est donc
globalement positif. Evidemment, il y a toujours une exception,
puisque le Maire de Ste Marie (20.000 hbts) a décider
d'interrompre les festivités après une bagarre entre 2
groupes de jeunes qui s'étaient donné rendez-vous
durant le vidé du mardi gras. Depuis de nombreuses
années, nous insistons particulièrement sur
l'amélioration des interventions des carnavaliers (costumes,
musique) et nous avons la satisfaction d'observer les progrès
en ce domaine, ce que n'ont pas manqué de constater autant le
public local que les visiteurs, nombreux comme spectateurs, mais
aussi comme participants. Durant la période
des jours gras, ultime rendez-vous du carnaval de rue en Martinique,
Fort-de-France, mais aussi Rivière Pilote, le Gros-Morne (que
l' on croyait oublié des carnavaliers) avec sa parade nocturne
du mard gras, le Lamentin, etc.. ont montré que la population
était prête à s'impliquer pour sa fête. La pluie qui s'est
abattue durant les vidés de lundi et mardi gras sur l'île,
et qui n'avait pas diminué les ardeurs des participants a été
vie oubliée, sauf que les parapluies sont restés
ironiquement présents pour le final du mercredi des cendres. On a noté une
tendance très forte à une extrême liberté
vestimentaire, parfois de très haute qualité, à
l'inversion et aux hommes adeptes du string et des talons hauts et de
la satire à travers bwabwa, petites pancartes, les politiques
présidentiables n'ayant pas été oubliés,
mais on a peu brocardé les locaux, et pourtant... L'observateur du carnaval
peut aussi noter quelques glissement progressifs de sens ou de forme
d'expression. Il y maintenant dans la
rue une splendide Reine de la Samba, que la petite communauté
brésilienne, propose dorénavant, surfant sur
l'extraordinaire image du carnaval brésilien et de la qualité
technique de leur prestation. La musique de dance hall était
moins présente, avec l'absence du char sono RCI, compte tenu
de la levée de boucliers du collectif des orchestres de rue. Des groupes conçoivent
de plus en plus des costumes style Trinidad, quand ils ne les
importent pas carrément. La culture créole fusionnée
apparaissant déjà dans l'utilisation massives
d'instruments de musique des frères guadeloupéens, et
bien maintenant nous avons un bon groupe mixant les formes de la
musique de rue de Martinique et de Guadeloupe. L'association les
"Fourmis bleus" a présenté comme annoncé
depuis l'an dernier le projet de théâtre de rue du
comédien Joby Bernabé "Mayé tèt
piépoutèt", inspiré du carnaval, mais
envisagé comme une véritable pièce présentée
en plusieurs étape depuis le prologue de cette année,
avant une tournée en extérieur et un défilé
l'an prochain à Saint-Pierre. Le char-effigie "chienfè"
a déambulé à Fort-de-France avant d'être
exposé sur le front de mer de la ville durant les jours gras.
Cet ensemble de réalisations effectué en collaboration
avec des professionnels venus de l'extérieur, habillage de
motos, marionnettes, orchestre de rue, a été financé
par la DRAC, les collectivités à hauteur de 120.000 €
. Cela montre bien que l'investissement pour le carnaval (ou les
productions artistiques en général) donne des
résultats. Le carnaval a besoin de l'apport polyforme des
artistes. Nous avons expérimenté
(archives vidéo à l'appui), l'habillage d'un immeuble,
des constructions géantes sur la Savane de Fort-de-France (5)
de 12 m de haut qui ont connu le succès, ou des masques de 3 m
de haut décorant la rue ou des lieux de passage commerciaux.
Ces actions datant du début des années 90, n'ont pas
bénéficié de l'écoute des responsables en
vue de leur pérennité. Il semble que 15 ans
après les choses évoluent grâce au projet d'un
artiste reconnu. De plus, après la Ville de Fort-de-France
impliquées à travers sa Mission Carnaval et son Office
de Tourisme (475000 € pour le carnaval 2007), le Comité
Martiniquais du Tourisme a décidé de financer le
carnaval. On aurait cru en écoutant
les doléances des carnavaliers que les collectivités ne
financent pas, et bien c'est faux, puisque on finit par savoir que le
Conseil Général ou la Région ont soutenu
financièrement selon les dossiers sélectionnés
par leur staff, des groupes costumés, des orchestres de rue,
des comités, etc.. Tant mieux. Avec la concrétisation
des efforts de rassemblement des carnavaliers de toutes catégories
à travers une fédération, les informations
circuleront mieux avec plus de transparence, et surtout, le public
destinataire final des toutes les actions des carnavaliers désirant
faire de la démonstration, saura à l'avance sur quoi il
peut compter. Les divers palmarès
décernés par des jurys permettront de récompenser
les groupes, les Trophées du Carnaval de la Martinique (11è
édition) donnant en plus la possibilité au public de
choisir depuis 5 ans ses préférés dans la rue,
mais aussi parmi les créateurs, les comités, grâce
au vote par internet et par bulletins distribués dans la rue.
La Ville de Fort-de-France a décidé de présenter
un concours du même type que le nôtre sur son site web
carnaval, conformément à sa stratégie de prise à
son compte du carnaval de la Martinique. Yv-Mari SERALINE
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