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Mercredi des cendres 2007

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CARNAVAL 2007
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Reportage
Photos de Nicole JACQUES-SERALINE
reproduction interdite sans autorisation

En guise de bilan      
 

La fête est  finie (pour cette année)

Elle a rassemblé beaucoup de monde à travers toute la Martinique, l'affluence a été naturellement proportionnelle d'un lieu à l'autre, pour être à son point maximum sur le territoire de la Ville de Fort-de-France, qui depuis plusieurs années apporte aux carnavaliers et spectateurs un maximum de confort et de sécurité.
Le rituel collectif du carnaval martiniquais rassemble même de manière subtile, puisque indépendamment de ceux qui participent par amour de la fête et/ou respect de la tradition, il y a une horde de personnes comme des membres de groupes religieux opposés à la pratique carnavalesque qui pourtant nous vendent bravement des tas de choses et de services, grâce au carnaval.
Nous constatons une fois de plus que la psychose des troubles influence la population, mais cette année encore, les acteurs du carnaval, les forces de sécurité et les municipalités n'ont pas eu à déplorer d'incidents importants dans la rue, le bilan est donc globalement positif. Evidemment, il y a toujours une exception, puisque le Maire de Ste Marie (20.000 hbts) a décider d'interrompre les festivités après une bagarre entre 2 groupes de jeunes qui s'étaient donné rendez-vous durant le vidé du mardi gras.
Depuis de nombreuses années, nous insistons particulièrement sur l'amélioration des interventions des carnavaliers (costumes, musique) et nous avons la satisfaction d'observer les progrès en ce domaine, ce que n'ont pas manqué de constater autant le public local que les visiteurs, nombreux comme spectateurs, mais aussi comme participants.
Durant la période des jours gras, ultime rendez-vous du carnaval de rue en Martinique, Fort-de-France, mais aussi Rivière Pilote, le Gros-Morne (que l' on croyait oublié des carnavaliers) avec sa parade nocturne du mard gras, le Lamentin, etc.. ont montré que la population était prête à s'impliquer pour sa fête.
La pluie qui s'est abattue durant les vidés de lundi et mardi gras sur l'île, et qui n'avait pas diminué les ardeurs des participants a été vie oubliée, sauf que les parapluies sont restés ironiquement présents pour le final du mercredi des cendres.
On a noté une tendance très forte à une extrême liberté vestimentaire, parfois de très haute qualité, à l'inversion et aux hommes adeptes du string et des talons hauts et de la satire à travers bwabwa, petites pancartes, les politiques présidentiables n'ayant pas été oubliés, mais on a peu brocardé les locaux, et pourtant...
L'observateur du carnaval peut aussi noter quelques glissement progressifs de sens ou de forme d'expression.
Il y maintenant dans la rue une splendide Reine de la Samba, que la petite communauté brésilienne, propose dorénavant, surfant sur l'extraordinaire image du carnaval brésilien et de la qualité technique de leur prestation. La musique de dance hall était moins présente, avec l'absence du char sono RCI, compte tenu de la levée de boucliers du collectif des orchestres de rue.

Des groupes conçoivent de plus en plus des costumes style Trinidad, quand ils ne les importent pas carrément. La culture créole fusionnée apparaissant déjà dans l'utilisation massives d'instruments de musique des frères guadeloupéens, et bien maintenant nous avons un bon groupe mixant les formes de la musique de rue de Martinique et de Guadeloupe.
L'association les "Fourmis bleus" a présenté comme annoncé depuis l'an dernier le projet de théâtre de rue du comédien Joby Bernabé "Mayé tèt piépoutèt", inspiré du carnaval, mais envisagé comme une véritable pièce présentée en plusieurs étape depuis le prologue de cette année, avant une tournée en extérieur et un défilé l'an prochain à Saint-Pierre.
Le char-effigie "chienfè" a déambulé à Fort-de-France avant d'être exposé sur le front de mer de la ville durant les jours gras. Cet ensemble de réalisations effectué en collaboration avec des professionnels venus de l'extérieur, habillage de motos, marionnettes, orchestre de rue, a été financé par la DRAC, les collectivités à hauteur de 120.000 € . Cela montre bien que l'investissement pour le carnaval (ou les productions artistiques en général) donne des résultats. Le carnaval a besoin de l'apport polyforme des artistes.
Nous avons expérimenté (archives vidéo à l'appui), l'habillage d'un immeuble, des constructions géantes sur la Savane de Fort-de-France (5) de 12 m de haut qui ont connu le succès, ou des masques de 3 m de haut décorant la rue ou des lieux de passage commerciaux. Ces actions datant du début des années 90, n'ont pas bénéficié de l'écoute des responsables en vue de leur pérennité.
Il semble que 15 ans après les choses évoluent grâce au projet d'un artiste reconnu. De plus, après la Ville de Fort-de-France impliquées à travers sa Mission Carnaval et son Office de Tourisme (475000 € pour le carnaval 2007), le Comité Martiniquais du Tourisme a décidé de financer le carnaval.
On aurait cru en écoutant les doléances des carnavaliers que les collectivités ne financent pas, et bien c'est faux, puisque on finit par savoir que le Conseil Général ou la Région ont soutenu financièrement selon les dossiers sélectionnés par leur staff, des groupes costumés, des orchestres de rue, des comités, etc..
Tant mieux.
Avec la concrétisation des efforts de rassemblement des carnavaliers de toutes catégories à travers une fédération, les informations circuleront mieux avec plus de transparence, et surtout, le public destinataire final des toutes les actions des carnavaliers désirant faire de la démonstration, saura à l'avance sur quoi il peut compter.
Les divers palmarès décernés par des jurys permettront de récompenser les groupes, les Trophées du Carnaval de la Martinique (11è édition) donnant en plus la possibilité au public de choisir depuis 5 ans ses préférés dans la rue, mais aussi parmi les créateurs, les comités, grâce au vote par internet et par bulletins distribués dans la rue. La Ville de Fort-de-France a décidé de présenter un concours du même type que le nôtre sur son site web carnaval, conformément à sa stratégie de prise à son compte du carnaval de la Martinique. 

Yv-Mari SERALINE


  
  

  

































































Nous avons noté durant les manifestations de Fort-de-France et des communes de la Martinique en 2007, 32 orchestres de rue organisés avec leurs musiciens et danseuses, une vingtaine de chars décorés, près de 50 groupes costumés à thèmes, autant de groupes de carnavaliers réguliers. Pratiquement toutes les écoles primaires ont défilé dans les rues de leur commune. Plusieurs collèges et lycées ont organisé l'élection de leur couple ou reine. Les administratios ou organismes, comme la Préfecture avec Matjilpa, ou le Conseil Général, ont permis à leur agents de défiler quelques jours avant les jours gras. Il n'y a pas eu beaucoup d'orchestres sur les véhicules, exception notable avec le groupe musical accompagnant charivari, ni de char avec une sono puissante des stations radio.